Nous attendrons le dégel...
Ce nouvel article fut long à paraître, nous nous en excusons, mais nous n'avons pas eu le coeur de nous y mettre plus tôt.
Il a d'abord fallu attendre les nouvelles officielles de notre O.A.A. . Elles sont arrivées par courrier le 14 septembre (le jour même de mes 32 ans) : beau cadeau, je vous laisse en apprécier un échantillon.
Alors voilà, comme nous l'attendions, notre dossier est "gelé" et nous n'avons plus qu'à attendre le dégel...
C'est le deuxième anniversaire qui est gâché cette année par de mauvaises nouvelles. Le plus gros coup de massue avait été reçu le 18 août lors de la lecture du communiqué du Vietnam (le jour de notre anniversaire de mariage). Ensuite nous avons eu quelques très maigres espoirs, qui ont très vite disparus comme nous l'a confirmé ce courrier reçu le 14 septembre (le jour mon anniversaire). Heureusement qu'on est pas supersticieux, il y a de quoi redouter les prochaines dates anniversaires!
Bref comme on dit, c'est un mauvais moment à passer... Probablement que lorsqu'on serrera notre petit ange dans nos bras, tout ça s'effacera. L'essentiel c'est l'aboutissement, quelques soient les embûches que nous trouverons sur notre chemin, nous ne perdons pas de vue l'issue et ça nous donne le courage d'affronter le difficultés.
Nous attendons notre enfant et nous le désirons de tout notre coeur, mais cette attente ne ressemble en rien à ce que j'avais imaginé et si souvent rêvé. Je ne peux pas savoir ce que c'est de porter son enfant dans son ventre (et je ne le saurai jamais). Je pense que j'idéalise surement; ça doit aussi avoir son lot d'angoisse (comment va le bébé? comment se passera l'accouchement? arriverai-je à terme? et j'en oublie bien sûr). Mais ça doit aussi être rassurant de le sentir si prêt de soi et de savoir approximativement quand il arrivera: ça permet de préparer son arrivée, et puis l'entourage partage aussi beaucoup plus ce moment d'attente comme un moment de bonheur.
Moi je ne porte pas mon bébé dans mon ventre mais avec Bruno nous le portons dans nos coeurs, et cette attente longue n'est pas du tout un moment de bonheur. Nous n'osons plus faire aucun projet, nous doutons même parfois de l'arrivée de notre petit ange (alors la préparation de son arrivée, on oublie). Nous n'en parlons plus et chacun (y compris dans notre entourage) évite bien le sujet connaissant l'issue de la conversation. Nous n'avons plus beaucoup de courage pour affronter les autres difficultés que la vie nous impose (et pourtant, elles sont aussi importantes).
En ce qui me concerne, je m'accroche comme une folle à ce qui va bien (ma maison, mon mari, mon travail, ma famille proche, ma petite Zoé), c'est énorme, je le reconnais, j'ai beaucoup de chance et je me battrai chaque jour pour conserver chacun de ces bonheurs de ma vie. J'ai parfois honte d'être malheureuse et je n'ose pas me plaindre; si on fait un bilan, je suis quand même super privilégiée. Mais cet enfant, cette famille, j'en rêve depuis ma plus tendre enfance, ceux qui me connaissent bien le savent... Alors je fais tout ce que je peux pour compenser ce gouffre en moi et je me force à oublier pour moi mais aussi et surtout pour mes proches (mon mari, mes parents) qui sont les premiers à souffrir de ma détresse.
Ca peut paraître étrange d'écrire tout ça sur une page d'ordinateur, mais ça m'a fait du bien. Je préfère l'écrire que d'en parler. Au moins comme ça c'est un peu sorti.
J'espère que je n'ai pas trop plombé l'ambiance avec ma morosité. C'est ça la vie comme on dit, il y a des hauts, des bas. Alors je vais remonter!
Bises Mélinda.